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Syndrome de Korsakoff chez la personne âgée : causes, symptômes et accompagnement

Syndrome de Korsakoff en maison de repos en Belgique : stimulation cognitive avec soignante dans une unité structurée.
Cadre stable, repères visuels et activités ritualisées.

Le syndrome de Korsakoff est un trouble neurologique sévère de la mémoire, souvent consécutif à une carence en vitamine B1 (thiamine) liée à un alcoolisme chronique ou à une dénutrition importante. Il touche les fonctions cognitives, le jugement et la conscience du trouble, et nécessite un encadrement structuré, bienveillant et constant, particulièrement en maison de repos ou en MRS.

En Belgique, les personnes atteintes d’un syndrome de Korsakoff sont souvent orientées vers des unités spécialisées en maison de repos ou en maison de repos et de soins (MRS), car la vie seule à domicile devient rapidement dangereuse : errance, oublis, prises de risque, isolement. Cette fiche a pour but d’aider les familles et les aidants à comprendre la maladie et à repérer les structures adaptées.

Sur Senior Sérénité, nous accompagnons les proches dans toute la Belgique (Bruxelles, Wallonie, Flandre) pour trouver des maisons de repos avec unité Korsakoff ou des unités structurées acceptant ce profil, en tenant compte du comportement, de l’autonomie et du budget.

Besoin d’un lieu adapté pour un proche atteint du syndrome de Korsakoff ?

Nos conseillers identifient pour vous 2–3 maisons de repos ou MRS en Belgique disposant d’unités adaptées au syndrome de Korsakoff : environnement stable, repères visuels, personnel formé à la réassurance et à la validation émotionnelle. Le service est gratuit pour les familles.

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Nous tenons compte de l’histoire d’alcoolisation, du degré de désorientation, des troubles du comportement et de la situation sociale pour vous orienter vers des structures réellement adaptées.

Important : ces informations ne remplacent pas l’avis d’un médecin, d’un neurologue ou d’un psychiatre. Elles visent à aider les familles à comprendre les besoins spécifiques du patient et à trouver un environnement de soins sécurisé.

Symptômes caractéristiques du syndrome de Korsakoff

  • Amnésie antérograde sévère : oubli quasi immédiat des événements récents, même après explications répétées.
  • Fabulations (inventions inconscientes) pour combler les trous de mémoire.
  • Désorientation spatio-temporelle persistante (date, lieu, contexte).
  • Anosognosie : absence de conscience du trouble, impression de « tout aller bien ».
  • Comportements répétitifs, impulsifs, parfois inadaptés au contexte social.
  • Changements d’humeur : apathie, irritabilité, désinhibition, réactions parfois brusques.
  • Difficulté à gérer l’argent, l’hygiène, l’alimentation, les démarches administratives.

Le proche peut donner l’impression d’aller bien sur le moment, tenir une conversation courte, puis oublier totalement ce qui vient d’être dit. C’est très déroutant pour la famille : la personne semble « normale » par moments, mais incapable d’une vie autonome.

Causes et mécanismes du syndrome de Korsakoff

Le syndrome de Korsakoff est dû à une carence prolongée en vitamine B1 (thiamine), souvent consécutive à :

  • une consommation excessive et chronique d’alcool,
  • une dénutrition (alimentation carencée, troubles digestifs),
  • certaines maladies digestives ou interventions chirurgicales (malabsorption).

Cette carence entraîne une destruction de certaines zones du cerveau (corps mamillaires, thalamus…), impliquées dans la mémoire, la planification et l’orientation. Les lésions sont souvent irréversibles au moment du diagnostic, ce qui explique la sévérité et la chronicité du trouble.

La phase aiguë, appelée encéphalopathie de Wernicke, est une urgence médicale (troubles de l’équilibre, confusion, paralysie oculomotrice) qui nécessite une supplémentation massive en vitamine B1. Si cette phase n’est pas traitée à temps, elle peut évoluer vers un syndrome de Korsakoff chronique.

Prise en charge adaptée en maison de repos ou MRS

Objectifs de la prise en charge

  • Offrir un environnement stable, structuré et prévisible.
  • Mettre en place une routine fixe : horaires, repas, activités, soins, encadrée par une équipe constante.
  • Réduire les sources de stress, de bruit et les stimulations excessives.
  • Utiliser des repères visuels simples : photos, pictogrammes, panneaux clairs, couleurs différenciées.
  • Prévenir les prises de risque (fugues, conduites inadaptées, mauvaise gestion de l’argent).

Approches non médicamenteuses

  • Validation émotionnelle : accepter les propos sans les contredire brutalement, rassurer plutôt qu’argumenter.
  • Stimulation cognitive douce : photos, musique, objets personnels, souvenirs marquants.
  • Activités répétitives et ritualisées : mettre la table, plier le linge, arroser les plantes, petites tâches concrètes.
  • Suivi diététique : alimentation équilibrée, hydratation suffisante, supplémentation en vitamine B1 si nécessaire.
  • Accompagnement du sevrage alcoolique lorsque c’est encore d’actualité, en lien avec les équipes médicales.

Certaines maisons de repos en Belgique disposent d’unités spécialisées pour patients souffrant d’addictions anciennes et de troubles cognitifs, dont le syndrome de Korsakoff. Ces unités mettent l’accent sur la stabilité de l’équipe, la structuration du temps et la gestion des comportements difficiles.

Vivre avec le syndrome de Korsakoff

  • Favoriser les gestes connus et les habitudes anciennes (cuisine simple, bricolage, tâches répétitives).
  • Éviter les changements brusques de lieu, de chambre ou de personnel.
  • Installer des repères visuels clairs : photos, noms sur les portes, horloges, pictogrammes.
  • Valoriser les activités de plaisir : chant, musique, promenade, café en terrasse, ateliers créatifs.
  • Préserver la dignité et la sécurité sans infantilisation, en respectant les goûts et le style de vie de la personne.

La personne atteinte de Korsakoff vit souvent dans un présent rétréci : elle oublie vite, mais peut ressentir très fortement l’ambiance émotionnelle autour d’elle. Un climat calme, prévisible et chaleureux est donc plus important que la quantité d’explications rationnelles.

Conseils pour les proches et aidants

  • Éviter de confronter ou de « corriger » la personne lorsqu’elle fabule : cela augmente souvent l’angoisse et l’agressivité.
  • Répondre avec douceur, détourner l’attention vers un sujet rassurant ou une activité concrète.
  • Favoriser un contact chaleureux et constant : mêmes soignants de référence, mêmes phrases, mêmes routines.
  • Accepter la mémoire fragmentée : la personne ne fait pas semblant d’oublier, elle ne peut réellement pas retenir.
  • Prendre soin de soi en tant qu’aidant : fatigue émotionnelle, colère, culpabilité sont fréquentes.
  • Ne pas rester seul : se faire accompagner par les équipes médicales, les assistants sociaux, les associations de familles.

Le placement en maison de repos ou en MRS spécialisée n’est pas un abandon, mais souvent la seule manière de garantir un cadre stable et une sécurité 24 h/24. La famille reste au centre du projet : visites, décisions, continuité des repères.

Prévention du syndrome de Korsakoff

  • Surveillance nutritionnelle chez les personnes à risque (alcoolisme, dénutrition, troubles digestifs).
  • Supplémentation précoce en vitamine B1 dans les contextes à risque (service d’urgences, hospitalisation, sevrage).
  • Repérage précoce des troubles de la mémoire et des troubles du comportement chez les patients alcooliques.
  • Prise en charge médicale du sevrage alcoolique sous contrôle spécialisé.
  • Sensibilisation des proches et des soignants aux signes d’alerte (confusion, désorientation, troubles de l’équilibre).

FAQ – Syndrome de Korsakoff

Peut-on guérir du syndrome de Korsakoff ?

Les lésions cérébrales sont le plus souvent irréversibles. Toutefois, une stabilisation est possible grâce à un cadre adapté, une bonne nutrition, l’arrêt de l’alcool et une stimulation régulière. L’objectif est la préservation de la qualité de vie et la réduction des comportements à risque.

Quelle différence entre le syndrome de Korsakoff et la maladie d’Alzheimer ?

Dans la maladie d’Alzheimer, la mémoire se dégrade progressivement, avec une conscience du trouble au début. Dans le syndrome de Korsakoff, l’amnésie des faits récents est souvent brutale et très marquée, avec fabulations et anosognosie (déni du trouble). Le contexte d’alcoolisme chronique est fréquent.

Quand envisager une maison de repos ou une MRS ?

Lorsque la personne ne peut plus vivre seule sans danger (errance, oublis majeurs, situations à risque, isolement social), une MRS spécialisée ou une unité Korsakoff assure un cadre stable, des repères constants et une sécurité physique et affective. C’est souvent le cas après plusieurs hospitalisations ou crises.

Un proche avec syndrome de Korsakoff peut-il rester à domicile ?

Dans certains cas, un maintien à domicile est possible si l’entourage est très présent et que des aides professionnelles sont mises en place. Mais le plus souvent, l’ampleur des troubles de la mémoire et des prises de risque rend nécessaire un environnement institutionnel sécurisé.

Le syndrome de Korsakoff est-il toujours lié à l’alcool ?

La cause principale reste l’alcoolisme chronique, mais d’autres situations de carence sévère en vitamine B1 peuvent conduire à un tableau similaire (dénutrition, troubles digestifs, chirurgie bariatrique, etc.). L’évaluation médicale complète est indispensable.

Sources officielles

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