Arthrose, douleurs chroniques & rhumatismes chez la personne âgée : soulagement, mobilité et qualité de vie
L’arthrose et les douleurs chroniques font partie des plaintes les plus fréquentes chez le senior. Elles impactent la marche, le sommeil, l’humeur et le risque de chute. L’objectif n’est pas seulement de calmer la douleur : il s’agit de préserver la mobilité, l’autonomie et le bien-être en combinant approches non médicamenteuses et traitements prudents.
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Signes et retentissement fonctionnel
- Douleurs mécaniques (à l’effort, soulagées au repos), raideur matinale courte.
- Perte d’amplitude, difficultés à marcher, à s’habiller, à se lever d’un siège bas ou des toilettes.
- Articulations gonflées ou déformées (genou, hanche, mains, rachis), parfois craquements.
- Douleurs neuropathiques associées possibles (brûlures, décharges, fourmillements).
- Impact sur le sommeil, l’humeur, la participation sociale, le risque de chute et l’autonomie.
Comprendre l’arthrose & les douleurs chroniques
L’arthrose correspond à une usure progressive du cartilage et des structures articulaires (os, ligaments, muscles), avec poussées inflammatoires douloureuses. Chez la personne âgée, les douleurs chroniques sont souvent multifactorielles : arthrose, rachialgies, séquelles d’anciennes fractures, troubles de la marche, ostéoporose, facteurs psychologiques ou dépressifs, et iatrogénie (effets des médicaments).
Un bilan gériatrique permet de repérer ce qui peut être amélioré (traitement, environnement, activité physique) et ce qui doit être surveillé à long terme.
Prise en charge graduée et sécurisée
Évaluation initiale
- Échelle de douleur (0–10) et retentissement sur les activités de la vie quotidienne.
- Bilan de marche/équilibre, risque de chute, besoins d’aides techniques (canne, rollator, fauteuil).
- Recherche de “drapeaux rouges” : début brutal, fièvre, amaigrissement, déficit neurologique, traumatisme récent.
Approches non médicamenteuses (prioritaires)
- Kinésithérapie douce : gain d’amplitude, renforcement musculaire, travail de l’équilibre.
- Thermothérapie (chaleur), massages, balnéothérapie ou piscine si disponible.
- Aides techniques : canne, siège rehaussé, semelles, attelles, adaptation du poste de vie.
- Perte de poids progressive en cas de surpoids, activité physique adaptée (marche, vélo doux, gymnastique).
- Programme d’épargne articulaire : gestes et postures protectrices, fractionnement des tâches, utilisation d’aides techniques.
- Techniques de relaxation, respiration, gestion du stress pour diminuer la perception douloureuse.
Analgésie médicamenteuse (prudence gériatrique)
- Palier 1 : paracétamol (doses adaptées, prise régulière, surveillance hépatique).
- AINS : à éviter au long cours (risques gastriques, rénaux, cardiovasculaires) ; si indispensables : courte durée, dose minimale efficace, protection gastrique, surveillance rapprochée.
- Opioïdes faibles : indication ciblée (douleurs rebelles), avec surveillance étroite des effets secondaires (confusion, constipation, risque de chutes).
- Douleurs neuropathiques : faibles doses de gabapentinoïdes ou antidépresseurs tricycliques, toujours avec prudence (somnolence, vertiges, interactions).
- Infiltrations éventuelles (rhumatologue/orthopédiste) en cas de poussée très localisée (genou, épaule…).
Adapter le quotidien pour bouger sans se faire mal
L’objectif est de rester actif tout en préservant les articulations, en limitant les pics douloureux et le risque de chute.
- Chaussage stable, antidérapant ; éclairage homogène, suppression des tapis et fils au sol.
- Planifier les activités aux heures où la douleur est moindre (souvent en fin de matinée).
- Alterner activité/repos, prévoir des micro-pauses, utiliser les techniques de respiration/relaxation.
- Adapter la hauteur des assises, utiliser accoudoirs et barres d’appui pour se relever sans forcer.
- Sommeil : rituel apaisant, coussins de positionnement, oreiller cervical adapté, ambiance calme.
Prévenir l’aggravation des douleurs et les chutes
- Programme d’équilibre et de renforcement musculaire régulier (kiné, ateliers collectifs).
- Révision des traitements sédatifs/hypotenseurs (iatrogénie des chutes) avec le médecin.
- Vitamine D et prise en charge de l’ostéoporose si antécédents de fractures, selon avis médical.
- Aménagement du domicile/chambre : barres d’appui, hauteur des assises, chemin de nuit sécurisé.
- Surveillance de l’humeur et du sommeil : la douleur chronique favorise la dépression et le repli.
Conseils aux proches
- Encourager l’activité douce quotidienne (10–20 min), plutôt que le repos prolongé au lit ou dans le fauteuil.
- Surveiller les effets indésirables des antalgiques (somnolence, constipation, confusion, chutes).
- Valoriser les petites réussites et adapter les objectifs à l’humeur et à la fatigue du jour.
- Prévenir l’isolement : activités sociales, jardin, musique, visites régulières, appels vidéo.
- Faire le lien avec l’équipe soignante en cas de modification de la douleur, du comportement ou de la mobilité.
FAQ – Arthrose & douleurs chroniques
Faut-il se reposer quand on a mal ?
Un repos complet aggrave la raideur et la fonte musculaire. Il est préférable de maintenir une activité douce et régulière, ajustée à la douleur du jour, avec des pauses et des exercices simples proposés par le kinésithérapeute.
Les anti-inflammatoires sont-ils dangereux chez le senior ?
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utiles sur de courtes périodes, mais ils augmentent les risques gastriques, rénaux et cardiovasculaires, surtout chez la personne âgée. Ils doivent être utilisés à la dose minimale efficace, sur une durée limitée, avec protection gastrique et surveillance médicale.
Quand envisager une infiltration ou une chirurgie ?
On les discute lorsque la douleur reste invalidante malgré la rééducation, l’adaptation du mode de vie et une analgésie bien conduite. La décision se prend avec le rhumatologue et/ou l’orthopédiste, en tenant compte de l’âge, de la fragilité, des comorbidités et du projet de vie de la personne.