
Chaque 15 juin, la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées met en lumière une réalité qu’on préfère taire : en Belgique comme ailleurs, des aînés subissent des atteintes à leur dignité — le plus souvent de la part de proches, et le plus souvent en silence.
La maltraitance n’est pourtant pas toujours spectaculaire. Elle commence bien avant les coups : par une petite phrase, une décision prise « pour son bien », un choix qu’on retire. Reconnaître ce continuum, c’est déjà pouvoir agir. Chez Senior Sérénité, nous accompagnons chaque jour des familles qui veulent une seule chose avant tout : que leur parent soit traité avec respect.
De l’âgisme à la maltraitance : un continuum
Tout ne se vaut pas, mais tout est lié. Des associations belges ont conçu un outil, l’« âgismomètre », pour montrer que les attitudes envers les aînés forment une échelle — d’un humour anodin jusqu’aux actes graves. La franchir, c’est passer du simple manque de respect à l’atteinte réelle.
Les différents visages de la maltraitance
Elle ne se limite jamais aux violences physiques. Elle est souvent invisible, et c’est ce qui la rend si difficile à nommer :
Humiliations, menaces, chantage affectif, mise à l’écart.
La plus fréquente et la plus discrète : détournement d’argent, pression sur une procuration ou un testament.
Soins, hygiène, repas ou médicaments oubliés — par épuisement ou par désintérêt.
Priver quelqu’un de ses choix, de ses contacts, de son intimité.
Sédation « pour avoir la paix », sans nécessité médicale réelle.
Les signaux qui doivent alerter un proche
Certains changements doivent attirer l’attention — souvent les mêmes que les signes qu’un proche perd son autonomie :
- Un changement soudain : repli, anxiété, peur en présence de quelqu’un.
- Des blessures, pertes de poids ou problèmes d’hygiène inexpliqués.
- Des mouvements d’argent anormaux, des factures impayées.
- Un aidant débordé, à bout — car la maltraitance naît aussi de l’épuisement, sans intention de nuire. Dans ce cas, du soutien existe pour les aidants.
Que faire ? Vous n’êtes pas seul·e
Face à un doute, on se sent souvent paralysé : peur de se tromper, de « dénoncer » un proche, de briser une famille. Pourtant, agir ne veut pas dire accuser. Trois gestes simples suffisent pour commencer :
✦ À retenir
- La maltraitance est un continuum : elle commence par l’âgisme du quotidien.
- La forme la plus fréquente est financière, et la plus discrète.
- Elle naît aussi de l’épuisement des aidants, sans intention de nuire.
- En parler protège. Des lignes gratuites et confidentielles existent.
Bien choisir, et rester présent
La maltraitance existe à domicile comme en institution — et la meilleure protection reste la même : un environnement de qualité, et une famille présente. Choisir un établissement bienveillant, le visiter à différentes heures, parler au personnel, observer l’ambiance et le respect du rythme de chacun : voilà ce qui fait la différence. Et une fois la place trouvée, rien ne remplace les visites régulières et le lien maintenu.
Senior Sérénité accompagne gratuitement les familles pour trouver, en Belgique, un établissement que nous connaissons et adapté à son niveau de dépendance. Vous n’êtes pas seul·e pour cette décision.
