Dénutrition & déshydratation chez la personne âgée : repérage, prévention et accompagnement nutritionnel
La dénutrition et la déshydratation touchent une part importante des résidents en maisons de repos en Belgique. Ces troubles évoluent souvent de façon silencieuse mais entraînent une perte musculaire, une fatigue accrue, un risque majoré de chute, d’infection et de complications médicales. Un repérage précoce et une prise en charge nutritionnelle structurée sont essentiels pour maintenir l’autonomie.
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Nous identifions gratuitement des maisons de repos proposant menus enrichis, suivi diététique régulier, prévention de la déshydratation (hydratation assistée, surveillance quotidienne) et véritable projet nutritionnel personnalisé.
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Signes de dénutrition et de déshydratation à ne pas négliger
Les signes sont parfois discrets. Il faut croiser les observations du médecin, des soignants et de la famille.
- Perte de poids involontaire, fonte musculaire, vêtements devenus trop larges.
- Fatigue, baisse d’appétit, difficultés à mastiquer ou à avaler, temps de repas qui s’allonge.
- Pli cutané persistant, sécheresse de la bouche, lèvres gercées, langue sèche.
- Constipation, urines foncées, confusion, somnolence ou agitation, chutes à répétition.
- Infections fréquentes, plaies cicatrisant lentement, aggravation d’escarres.
Causes principales de dénutrition & déshydratation
La dénutrition résulte d’un déséquilibre entre apports et besoins. Les causes sont souvent multiples et mêlent facteurs médicaux, psychologiques et sociaux.
- Troubles de la déglutition (AVC, Parkinson, Alzheimer, cancers ORL).
- Problèmes dentaires, prothèse mal adaptée, douleur buccale.
- Traitements diminuant l’appétit ou modifiant le goût (certains antibiotiques, antidépresseurs, chimiothérapies).
- Isolement social, tristesse, dépression, deuil, perte de repères.
- Pathologies chroniques : diabète, BPCO, cancers, insuffisance cardiaque ou rénale, maladies digestives.
- Hydratation insuffisante : peur d’incontinence, difficultés à se lever, troubles cognitifs, oubli de boire.
- Régimes trop restrictifs ou textures inadaptées par rapport aux capacités réelles.
Prise en charge nutritionnelle complète
Évaluation initiale structurée
- Pesée hebdomadaire, calcul de l’IMC et utilisation du Mini Nutritional Assessment (MNA).
- Bilan sanguin (albumine, pré-albumine, CRP, sodium, urée, créatinine, ionogramme).
- Suivi de la consommation alimentaire (repas, collations, volume de boisson pris chaque jour).
- Évaluation des capacités de mastication, de déglutition et de l’autonomie au repas.
Mesures diététiques prioritaires
- Enrichissement des repas : fromage râpé, poudre de lait, huile végétale, crème, œuf, beurre de noix dans les préparations.
- Collations riches en protéines : yaourt ou fromage blanc enrichi, compote + poudre de lait, desserts hyperprotéinés, boissons nutritionnelles orales.
- Menus adaptés à la mastication/déglutition : textures modifiées (mixées, hachées, moulées) validées par médecin/orthophoniste.
- Stimulation de l’appétit : présentation soignée, couleurs vives dans l’assiette, arômes naturels, repas conviviaux.
- Hydratation fractionnée (eau, soupes, compotes, tisanes, boissons aromatisées peu sucrées), proposée tout au long de la journée.
Hydratation : gestes essentiels
- Objectif habituel : 1,5 à 2 L/jour, à ajuster selon les pathologies (insuffisance cardiaque ou rénale, par exemple).
- Surveillance quotidienne des boissons prises (tableau d’hydratation, marqueur sur la bouteille, verre gradué).
- Offre régulière d’eau toutes les heures en journée ; gelées hydratantes ou eaux gélifiées en cas de troubles de déglutition.
- Attention accrue en période de canicule, de fièvre ou de diarrhée : plan d’hydratation renforcé.
Adapter le quotidien pour prévenir la dénutrition
De petits ajustements répétés au quotidien ont un impact majeur sur la courbe de poids et l’énergie.
- Proposer des repas courts mais fréquents (4 repas + 1 à 2 collations, soit 5–6 prises par jour).
- Surveiller la texture, la température et le goût des plats ; éviter les aliments trop secs ou difficiles à mâcher.
- Favoriser la convivialité : manger à plusieurs, installer une musique douce, limiter les sources de stress.
- Encourager l’autonomie : couverts ergonomiques, assiette antidérapante, verre à anse, siège confortable.
- Introduire les goûts préférés du résident (repas “plaisir” hebdomadaire, recettes familiales revisitées).
- Prévoir des “boissons opportunités” : verre d’eau après la toilette, avant/après les médicaments, lors des visites.
Prévention en maison de repos : un véritable programme nutritionnel
En maison de repos/MRS, la prévention passe par des protocoles écrits et une coordination régulière entre cuisine, soignants, médecin et diététicien.
- Dépistage systématique à l’entrée, suivi mensuel du poids et alerte si variation significative.
- Collations enrichies systématiques en cas d’appétit réduit ou de perte de poids.
- Équipe formée à la surveillance de l’hydratation et au dépistage précoce.
- Présence de diététicien(ne) et coordination avec médecin généraliste, gériatre, ergothérapeute, orthophoniste.
- Communication active avec la famille : préférences alimentaires, allergies, textures tolérées, habitudes culturelles/religieuses.
Conseils aux proches : comment aider concrètement ?
- Surveiller le poids, la soif, la quantité de boisson consommée et le temps passé à table.
- Signaler rapidement toute perte d’appétit, changement de goût, difficultés à mastiquer ou à avaler.
- Proposer les boissons préférées : jus, lait, soupe, tisane aromatisée, eau légèrement parfumée.
- Favoriser les moments de repas partagés pour stimuler l’appétit et rompre l’isolement.
- Prévoir un avis diététique ou gériatrique si la perte de poids persiste malgré les mesures de soutien.
FAQ – Dénutrition & déshydratation
Comment savoir si une personne âgée est dénutrie ?
On suspecte une dénutrition en cas de perte de poids rapide, fonte musculaire, fatigue, vêtements trop grands, diminution de l’appétit ou apathie. Le diagnostic repose sur le poids, l’IMC, le MNA et l’examen clinique réalisés par un médecin ou une équipe gériatrique.
Que faire si la personne refuse de manger ?
Proposer des repas fractionnés, en petite quantité mais plus souvent, privilégier les plats appréciés, un environnement calme, des aliments enrichis. En cas de refus persistant, il faut consulter le médecin pour rechercher une cause médicale (douleur, infection, trouble digestif) ou psychologique (dépression).
Combien d’eau faut-il boire par jour ?
En général entre 1,5 et 2 litres par jour, sous toutes formes (eau, soupe, lait, boissons chaudes, fruits riches en eau, compotes). L’hydratation doit être régulière tout au long de la journée et adaptée aux pathologies éventuelles (cardiaque, rénale, etc.).
La pose de perfusion ou de sonde est-elle toujours nécessaire ?
Non. Dans de nombreux cas, une stratégie progressive (enrichissement alimentaire, boissons fractionnées, compléments oraux, aide aux repas) suffit. Les perfusions ou sondes sont proposées au cas par cas, après discussion avec le médecin, la personne et la famille.